Les Larvacés sont des animaux planctoniques, nageurs et filtreurs. Ils vivent
dans les eaux de surface, là où ils peuvent trouver leur nourriture (phytoplancton). Quelques rares espèces
se rencontrent dans des eaux plus profondes. Ils affectionnent les eaux chaudes et tempérées mais il existe
également quelques espèces d'eaux froides parmi les 70 espèces connues. On les appelle aussi les Appendiculaires.
Ce sont des animaux de petite taille dont les dimensions varient de 1 mm à 25 mm. Ils ressemblent aux larves
"tétards" des Tuniciers avec un tronc oval qui contient tous les organes et
une longue queue fine qui, à l'âge adulte, forme un angle de 90° par rapport au tronc.
Cette queue, dans laquelle se trouve la notochorde, est, à la
différence des autres Tuniciers, conservée au stade adulte.
Cela constitue un exemple de
Oikopleura dioica (Larvacea)
néoténie (persistance de caractères larvaires).
C'est cette caractéristique qui leur a valu le nom de Larvacea et conduit même certains chercheurs à en
faire un embranchement à part entière. A l'âge adulte, ces animaux vivent dans une logette gélatineuse
qu'ils sécrètent et qui leur permet d'une part de se protéger, d'autre part de filtrer plus efficacement
l'eau.
Le corps des Larvacés se divise en deux parties: le tronc, de forme ovale, contient tous les organes, et la queue qui est deux à trois fois plus longue que le tronc, voire dix fois plus chez certaines espèces. Le tout est inséré dans une logette à l'anatomie complexe qui est sécrétée par le larvacé lui-même.
Le tronc: de forme ovale, le tronc comporte trois orifices, la bouche, l'anus et le spiracle.
La bouche s'ouvre sur un pharynx dont les parois sont recouvertes de mucus sur lequel viennent
se coller les particules alimentaires. Cet ensemble mucus-aliment est acheminé vers l'estomac grâce à une
gouttière ciliée appelée endostyle. Une fois la digestion effectuée, les déchets sont évacués via l'intestin
par un anus ventral.
Le pharynx est muni sur sa face latérale d'un spiracle qui permet l'évacuation de l'eau inhalée par la bouche.
Le spiracle est l'équivalent du siphon cloacal des ascidies (siphon exhalant).
Le coeur, situé sous l'estomac alimente un système circulatoire rudimentaire composé de sinus sanguins.
Il n'y a pas de système respiratoire, les échanges gazeux se font au niveau de la paroi du pharynx.
Dans la partie supérieure, un peu en retrait de la bouche, se trouve un ganglion nerveux relié par des nerfs
à l'axe nerveux de la queue, ainsi qu'un statocyste, ensemble de cellules assurant l'équilibre et l'orientation
dans l'espace.
Anatomie d'un Larvacé
La queue: partie la plus longue du Larvacé, la queue est constituée d'une notochorde, ou
chorde dorsale, succession de cellules mésodermiques formant une tige rigide et élastique, longée par un axe
nerveux relié à un ganglion nerveux situé sur la partie supérieure du tronc. Elle contient aussi
Oikopleura dioica (détail)
un ensemble
de bandes musculaires qui permettent à la queue d'osciller. La queue sert pour les déplacements,
mais elle crée aussi par des mouvements constants, une circulation d'eau à travers la logette permettant
ainsi l'acheminement de la nourriture dans la bouche.
Les Larvacés sont, à une ou deux exceptions près, hermaphrodites. Ils possèdent donc à la fois un ovaire
et deux testicules qui arrivent à maturité de façon décalée évitant ainsi l'autofécondation. La fécondation se
fait dans l'eau et donne naissance à une larve "tétard" identique à celle des ascidies. Très rapidement elle se
métamorphose, et une fois le tronc et les organes complètement développés, la queue migre vers le ventre
et forme un angle de 90° par rapport au tronc. A partir de ce moment, le Larvacé sécrète sa première
logette.
La logette: les Larvacés sécrètent une logette gélatineuse composée de protéines et de
cellulose qui forme comme une bulle autour de leur corps. Le tronc "adhère" à la logette mais la queue
reste libre et mobile de façon à assurer la locomotion et le mouvement de l'eau car la logette est percée
d'orifices permettant à l'eau de circuler à l'intérieur. Bien que transparente et donc quasiment invisible,
on peut deviner sa présence grâce aux impuretés qu'elle retient.
La structure de cette logette est relativement complexe et permet une ciculation d'eau selon un parcours bien
précis. De chaque côté du tronc de l'animal, au dessus des gonades, se trouvent deux orifices inhalants dont
l'entrée est recouverte par une sorte de filet retenant les particules les plus grosses. L'eau passe ensuite
à travers deux filtres très fins situés à l'avant de l'animal et qui se rejoignent au niveau de la bouche. La
structure de ces filtres est très fine. Elle ne laisse passer que des organismes dont la taille est inférieure
à 1 micron, notamment les coccolithophoridés, plancton marin recouvert de plaques calcaires. L'eau passe ensuite
dans le pharynx où les aliments sont récupérés, puis elle est évacuée par le spiracle et sort de la logette
par un orifice dans lequel se meut la queue.
De part leur structure, les filtres s'encrassent très vite. Le Larvacé s'extrait alors de la logette
souillée et en fabrique une nouvelle. Certaines espèces peuvent en produire jusqu'à 10 par jour. Les logettes
ainsi rejetées constituent une part non négligeable des matières organiques qui tombent dans le fond des océans
ce que l'on appelle la "neige marine" et sont donc un apport en carbone et en sels minéraux important.
Cellules mésodermiques: cellules qui constituent un feuillet entre la couche de cellules externes,
ectoderme, et la couche de cellules internes, endoderme.
Notochorde: Noto- (du grec) signifie le dos et chorde (du grec) axe squelettique interne.
Textes et dessins: Anne et Wilfried Bay-Nouailhat © 2007-2008.
Photographies: Oikopleura dioica (Larvacea) et détail © Maurice Loir.
page 1 >
Embranchement des Tuniciers .
page 2 >
Les Larvacés - Anatomie des Larvacés.
page 3 >
Les Ascidiacés - Anatomie de l'ascidie solitaire.
page 4 >
La larve de l'ascidie - Métamorphose de la larve en ascidie.
page 5 >
Les ascidies coloniales.
page 6 >
Les Thaliacés.
page 7 >
Les Dolioles.
page 8 >
Les Pyrosomes.
page 9 >
Les Salpes.
page 10 >
Classification des Tuniciers.